Le pothos, la plante que personne ne peut tuer : le guide complet

On l'offre aux débutantes, on l'oublie sur une armoire, on le retrouve dans des bureaux où même les câbles semblent tristes : le pothos survit à tout cela, et il en profite pour pousser. Derrière ses feuilles en cœur, Epipremnum aureum cache une liane tropicale remarquablement équipée pour pardonner nos erreurs. Voici comment passer d'un pothos qui survit à un pothos qui déborde.
Une liane qui vient de loin
Le pothos est une aracée originaire de Mo'orea, en Polynésie française. Dans la nature, c'est une liane spectaculaire qui escalade les troncs et peut y déployer des feuilles de plus de cinquante centimètres. Chez vous, il retombe en cascade d'une étagère ou grimpe le long d'un tuteur en mousse. Son surnom anglais, devil's ivy, le lierre du diable, résume sa réputation : il reste vert même là où presque rien ne pousse. Petit détail malicieux : beaucoup de plantes vendues sous le nom de « scindapsus » sont en réalité des pothos, et inversement. Les deux se soignent presque pareil, personne ne vous en voudra.
Pourquoi il pardonne (presque) tout
Ses tiges légèrement charnues et ses feuilles cireuses stockent l'eau, ses racines aériennes lui permettent de s'accrocher et de boire ailleurs que dans son pot, et son métabolisme accepte des niveaux de lumière très variables. Résultat : un oubli d'arrosage, un coin sombre, un déménagement, il encaisse. La seule chose qu'il supporte mal, on y vient, c'est l'excès de soins.
La lumière : souple, mais pas aveugle
L'idéal est une lumière vive sans soleil direct, à un ou deux mètres d'une fenêtre. Le pothos tolère la pénombre, mais il vous le fera savoir à sa façon : tiges qui s'allongent avec de grands espaces entre les feuilles, panachure dorée qui s'efface au profit du vert. C'est logique : la plante fabrique davantage de chlorophylle pour compenser le manque de lumière. À l'inverse, le plein soleil derrière une vitre orientée sud grille ses feuilles en taches beiges. Entre les deux, il prend tout ce que vous avez à offrir.
L'arrosage : le seul vrai piège
Retenez ceci : l'excès d'eau tue infiniment plus de pothos que la sécheresse. Un pothos assoiffé pique du nez de façon théâtrale, feuilles molles et tombantes, puis se redresse en quelques heures après un bon arrosage. Un pothos noyé, lui, jaunit feuille après feuille pendant que ses racines s'asphyxient dans un terreau détrempé, et là, le retour est beaucoup plus incertain.

La méthode simple : enfoncez un doigt dans le terreau. S'il est sec sur trois ou quatre centimètres, arrosez généreusement, laissez s'égoutter, videz la soucoupe. Sinon, attendez. En hiver, espacez encore : la plante pousse moins, elle boit moins. Et un pot percé n'est pas une option, c'est une condition de survie.
Le bouturage dans un verre d'eau
C'est le rite d'initiation le plus gratifiant du monde végétal. Repérez un nœud sur une tige : ce petit renflement d'où partent la feuille et, souvent, une racine aérienne brunâtre. Coupez un segment de dix à quinze centimètres, environ un centimètre sous un nœud, retirez la feuille du bas, puis placez la tige dans un verre d'eau, à la lumière mais sans soleil direct.
Changez l'eau tous les quatre ou cinq jours. En deux à quatre semaines, des racines blanches apparaissent. Quand elles atteignent cinq centimètres, plantez dans un terreau léger et maintenez-le à peine humide les premières semaines, le temps que les racines s'habituent à la terre. Astuce de densité : replantez vos boutures directement dans le pot d'origine, votre pothos gagnera en volume ce qu'il perdait en dégarni.

Quelle variété choisir
Le 'Golden' classique, vert éclaboussé d'or, reste le plus robuste. 'Marble Queen' marbre ses feuilles de crème, avec une croissance plus lente : moins de chlorophylle, moins d'énergie. 'Neon' affiche un vert chartreuse lumineux qui réveille un coin terne. 'N'Joy' et 'Manjula' jouent la panachure blanche, nette pour le premier, ondulée pour le second. Quant au 'Cebu Blue', bleu-argenté, c'est en réalité un cousin, Epipremnum pinnatum, qui fait fondre les collectionneuses. Règle d'or : plus une variété est panachée, plus elle réclame de lumière.
Un mot sérieux : chats et chiens
Soyons claires, car le sujet est trop souvent expédié : le pothos est toxique pour les chats et les chiens, et l'ASPCA le classe formellement comme tel. Ses tissus contiennent des cristaux d'oxalate de calcium insolubles : une feuille mâchouillée provoque une irritation intense de la bouche, une salivation abondante, parfois des vomissements et des difficultés à avaler. C'est rarement grave, mais c'est toujours douloureux. Suspendez-le, perchez-le hors de portée, et en cas d'ingestion, appelez votre vétérinaire. Si votre félin croque tout ce qui dépasse, offrez-lui plutôt un chlorophytum, parfaitement inoffensif.
À la Pension
Le pothos fait évidemment partie des pensionnaires de La Pension des Plantes, notre jeu gratuit où vous recueillez des plantes abandonnées pour les faire renaître à votre rythme. Sa fiche vous attend dans l'Herbier, et sa cascade retrouvée reste l'une des plus jolies renaissances de la véranda. C'est par ici : jeu.noscompagnonsverts.fr.
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